Financement durable : no way back

Remontons un peu le temps. Début 2020, juste avant que le COVID-19 ne change notre monde, Larry Fink déclarait : « La durabilité devient la nouvelle norme ». M. Fink est le CEO de BlackRock, l’un des plus importants gestionnaires d’actifs au monde. Ce n’est donc pas n’importe qui. Dans dix ans, nous nous souviendrons peut-être de ce moment comme du tournant qui a fait de la durabilité une stratégie commerciale.


Pieter Timmermans, CHIEF EXECUTIVE OFFICER
22 February 2022

Mais la FEB et ses fédérations sectorielles n’ont pas attendu Larry Fink. En 2011 déjà, lors de mon séjour à l’université de Stanford, nous avions étudié le thème de la durabilité et son impact sur les entreprises. Et dans les années qui ont suivi, le sujet a lentement mais sûrement fait son entrée dans les conseils d’administration des plus grandes entreprises. 

Creating value for society

Au moment où Larry Fink faisait cette déclaration, et où la FEB célébrait son 125e anniversaire, il est donc apparu comme évident que nous accorderions à ce sujet une place plus qu’éminente dans notre fonctionnement. Nous avons profité de cet élan pour regarder au-delà de l’horizon. Car ne pas se préparer à un lointain futur, c’est perdre de sa pertinence. Notre nouvelle vision et stratégie se retrouvent dans le slogan « Creating value for society ».

La durabilité est en passe de devenir la nouvelle norme. Et un moteur crucial permettant aux entreprises de créer de la valeur pour notre société. L’argument économique est de loin le plus convaincant pour les entreprises. Une entreprise qui peut produire à moindre coût en utilisant moins d’énergie et d’autres matières premières peut plus facilement investir dans l’innovation durable et ainsi renforcer sa position sur le marché. Le fait que cela améliore son avantage concurrentiel est un plus.

Si, par ailleurs, l’entreprise entreprend cette démarche de manière socialement responsable et dans le respect de son capital humain, l’avantage en termes de réputation dans le cadre de l’employer branding entre également en jeu. Sur le marché du travail tendu que nous connaissons actuellement, il s’agit d’ailleurs d’un avantage non négligeable.

Financement durable

Les mêmes principes et avantages s’appliquent aux banques, aux assureurs, aux fonds de pension et aux gestionnaires d’actifs. Mais en même temps, ils disposent de puissants instruments pour pousser l’économie dans une certaine direction. Ils peuvent investir dans les actions et obligations d’entreprises qui poursuivent des objectifs de durabilité. Par le biais des prêts qu’elles accordent, les banques peuvent contribuer à faciliter la transition vers une économie plus verte. 

Cependant, le financement durable ne peut se faire à l’aveuglette. Tout comme les consommateurs souhaitent savoir ce que contiennent leurs aliments pour pouvoir manger sainement, les banques doivent connaître les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) que les entreprises utilisent pour atteindre leurs objectifs de durabilité. Car le vert se décline lui aussi en de nombreuses nuances. 

Le secteur financier est donc confronté à un double défi. D’une part, la société demande au secteur des services financiers de contribuer à un avenir durable. D’autre part, les législateurs et les autorités de contrôle élaborent les exigences et normes auxquelles les institutions financières devront satisfaire. 

Nous sommes aujourd’hui au beau milieu de cette transition vers un financement durable. 

  • D’une part, cette transition nécessite une nouvelle manière de rendre compte ; d’autre part, nous risquons de nous perdre dans les méandres administratifs ;
  • D’une part, nous devons faire en sorte que ce tsunami administratif reste gérable pour les citoyens et les entreprises. Cela signifie, d’autre part, que nous devons garder l’œil sur les législateurs européens et belges ;
  • D’une part, nous devons convaincre les citoyens de l’utilité de cette transition vers un financement durable. D’autre part, nous devons veiller à ne pas pousser ces mêmes citoyens à rejoindre les rangs des mouvements d’opposition tels que les gilets jaunes et les convois de la liberté, qui sont actuellement nombreux à voir le jour.

Collaboration étroite

En tant que principale organisation d’employeurs du pays, la FEB peut apporter son aide, en étroite collaboration avec ses fédérations sectorielles membres, telles que Febelfin, et les pouvoirs publics. Nous pouvons sensibiliser les entreprises à l’importance d’établir des rapports de durabilité et ESG bien étayés. De leur côté, les autorités peuvent soutenir le monde financier en lui donnant accès aux banques de données publiques contenant des informations ESG sur les entreprises. 

Notre message est clair : seule une collaboration entre tous les acteurs nous permettra d’assurer un avenir durable. L’ensemble de la société doit être impliqué : outre les pouvoirs publics, les entrepreneurs, les organisations de la société civile et les institutions de recherche, les institutions financières ont également un rôle essentiel à jouer. 

Plus que jamais, la devise de l’orateur principal du récent Fincafé organisé par Febelfin en collaboration avec la FEB sur le thème du financement durable, Gianluca Manca, s’applique à chacune de ces cinq parties : “We have one world, our only home. Let’s treat it decently”. 

> Revisionnez ici le Fincafé on Sustainable Finance and ESG reporting 
> Voir aussi la brochure de Febelfin Le reporting ESG fait la différence pour votre entreprise.

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