Les recommandations européennes sont des points d’attention pour la politique future

Chaque année, la Commission européenne formule des recommandations spécifiques aux États membres de l’Union européenne. Il convient de les analyser avec l'attention nécessaire. Cela étant, même sans ces recommandations, la Belgique doit mener des réformes socioéconomiques approfondies. Les grands défis de notre pays restent inchangés au lendemain du 26 mai, tout comme le contexte international instable lié au Brexit, un budget italien inquiétant et la politique commerciale unilatérale américaine.

Written by Pieter Timmermans, GENERAL MANAGEMENT
Written on 06 June 2019

Ainsi, la Commission européenne confirme que le budget belge reste problématique. La FEB est d'avis que l'année durant laquelle un équilibre budgétaire est réalisé est moins importante que la trajectoire suivie pour y parvenir. Autrement dit, dans quelle mesure des réformes socioéconomiques structurelles qui font baisser les dépenses publiques élevées et croître les recettes via des impôts et des cotisations sociales sont-elles possibles ?

S'agissant du budget, il est en outre crucial de souligner que la Commission européenne vise la SA Belgique. Afin d'assurer la marge budgétaire nécessaire, un exercice en profondeur sera nécessaire à tous les niveaux de pouvoir au cours de la prochaine législature afin d'utiliser plus efficacement les fonds publics et de procéder enfin à la digitalisation des processus des pouvoirs publics.

L’assainissement de nos finances publiques doit aller de pair avec une augmentation des investissements publics. La Commission européenne et le Pacte d’investissement national ont, à juste titre, mis en évidence d'importantes lacunes dans les investissements publics en infrastructure, en énergie et en processus numériques. Un déficit budgétaire de 1% du PIB en faveur d’investissements productifs (et non en faveur des dépenses courantes) nous paraît dès lors acceptable pour ramener le patrimoine public au niveau requis.

Outre le budget, la Commission européenne s'est également intéressée à diverses évolutions sur le marché du travail. Il subsiste notamment trop d'incitants négatifs à travailler qui, combinés à une faible activation, génèrent une participation trop restreinte au marché du travail, principalement dans le chef de groupes vulnérables comme les jeunes, les travailleurs plus expérimentés et les travailleurs issus de l'immigration. Or, cette situation est inacceptable à la lumière des quelque 150.000 emplois vacants. Une politique du marché du travail poussée, limitant les allocations de chômage dans le temps, développant davantage les orientations STIM, réformant la rémunération à l’ancienneté, renforçant les connaissances linguistiques et investissant davantage dans l'apprentissage tout au long de la vie s'avère donc indispensable. Un taux d'emploi plus élevé a également un impact direct sur la poursuite de l’assainissement des finances publiques.

Outre le marché du travail, l'énergie, la mobilité et les pensions comptent aussi parmi les priorités. Ainsi, l'incertitude au sujet de la sortie du nucléaire entraîne un report des investissements nationaux et étrangers. Nous estimons pourtant que la prolongation d'au moins deux réacteurs est nécessaire, tout comme un programme d'isolation ambitieux pour les bâtiments, la construction accélérée d'infrastructures pour les énergies alternatives, l'innovation et des mesures visant à modifier les comportements (à ne pas intégrer, de préférence, dans l'indice santé). Ces mesures sont nécessaires pour garantir notre sécurité d’approvisionnement (1), maîtriser le coût de l'électricité (2) et respecter nos engagements environnementaux (3). Un Plan National Energie-Climat (PNEC) bien conçu constituerait un grand pas dans la bonne direction. Il s'agit là d'un des dossiers les plus urgents à résoudre.

Le plan de mobilité interfédéral se fait lui aussi toujours attendre. Les mesures à adopter pour dénouer le nœud de la mobilité sont désormais connues. Mais oserons-nous les mettre en œuvre ?

Qu'en est-il des pensions ? Malgré les différentes réformes des pensions menées au cours de la législature écoulée, leur viabilité à long terme pose toujours problème. Allons-nous ressortir le système à points ? Le développement d'une réforme générale des pensions est le seul moyen de contrôler la définition des exceptions pour les départs anticipés.

Je ne pense pas que, dans leurs contacts avec les différents partis, les informateurs aient abordé des mesures spécifiques. J’estime qu'il serait déjà positif si l'on pouvait se mettre d'accord sur les objectifs à réaliser, qui sont d'ailleurs repris dans le rapport de la Commission européenne : un taux d'emploi plus élevé qui, à terme, devrait atteindre 75%, une circulation plus fluide, plus de sécurité sur le plan énergétique et davantage d'investissements publics. La FEB accorde donc beaucoup d'importance à ces recommandations européennes, qui sont des points d'attention essentiels pour la politique future de notre pays.


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