Il faut plus de personnes au travail. Chaque jour compte

Après le débat intense qui a entouré l’accord budgétaire et la déclaration de politique générale la semaine dernière, nous sommes aujourd’hui une nouvelle fois contraints de nous rendre à l’évidence. L’Institut des comptes nationaux (ICN) vient de fixer la contraction économique pour 2020 liée à la crise du coronavirus à -5,7 % (soit une baisse de valeur ajoutée de plus de 20 milliards EUR). Et les perspectives de croissance annoncées comme extrêmement positives avant la pause estivale devront probablement être revues légèrement à la baisse d’ici à la fin de l’année.


Pieter Timmermans, CHIEF EXECUTIVE OFFICER
20 October 2021

La reprise économique atténue certes la pression sur nos finances publiques, mais la vigilance reste de mise. L’économie est toujours confrontée à des chocs dans les chaînes d’approvisionnement et les prix élevés de l’énergie pèsent sur la croissance économique. La question qui se pose inévitablement est de savoir si les réformes proposées suffiront pour relancer le moteur de la croissance et de l’emploi.

Un taux d’emploi de 80 % est la panacée pour équilibrer notre budget et maintenir la payabilité de nos pensions. Ce sont les deux côtés de la même médaille. L’augmentation des pensions est sympathique et facile. En revanche, le relèvement du taux d’emploi est beaucoup moins sexy et requiert des mesures difficiles.

Symphonie inachevée

La déclaration de politique du Premier ministre contient toute une série de mesures destinées à mettre plus de personnes au travail. Plusieurs bonnes mesures, comme l’activation du droit de licenciement et la plus grande mobilité des demandeurs d’emploi entre les régions, y contribueront incontestablement. Mais le droit individuel à la formation de cinq jours, qui réduit la formation à un exercice purement mathématique et va à l’encontre de la création d’une véritable culture de l’apprentissage, fait sourciller.

Une grande attention a également été accordée à la réintégration des personnes en incapacité de longue durée. Notre pays affiche en effet un taux de vacance très élevé de 3,51 %, mais aussi un taux de chômage de 6,7 % et un taux d’inactivité de 31,8 %. Compte tenu de l’objectif d’un taux d’emploi de 80 %, un taux de participation plus élevé de ce groupe important de personnes inactives est essentiel. Les premières notes étaient bonnes, mais la symphonie est loin d’être achevée. Les bonnes intentions doivent maintenant être suivies de mesures énergiques.

Il faut abattre ces murs

Au cours des dernières décennies, nous avons systématiquement érigé des murs autour de notre politique du marché du travail. Super protection, coûts élevés de dissuasion, droit de veto syndical... Bref, tout pour éviter un marché du travail flexible comme dans les pays scandinaves. Le marché du travail est devenu une véritable forteresse avec des « insiders » heureux (travailleurs) et des « outsiders » malheureux (chômeurs). Ceux qui ont un emploi sont protégés et ceux qui sont au chômage doivent essayer de franchir ces hauts murs. Une des occasions manquées les plus inexplicables à cet égard concerne le commerce électronique. C’est une preuve indéniable de notre incapacité à adapter notre marché du travail à l’évolution rapide du monde dans lequel nous vivons. La réforme des règles rigides du commerce électronique, qui nous font perdre chaque année 0,3 à 0,4 % de croissance économique et qui ont déjà provoqué la fuite de dizaines de milliers d’emplois vers les Pays-Bas et l’Allemagne au cours de la dernière décennie, est une fois de plus renvoyée à une table ronde à l’issue incertaine ou à une énième étude.

Néanmoins, la grande révolution vers un marché du travail flexible qui abattrait les murs autour de la « forteresse du travail » se fait toujours attendre. Pourtant, la pénurie persistante et l’inadéquation entre l’offre et la demande de main-d’œuvre, d’une part, et le nombre élevé d’inactifs dans notre pays, d’autre part, témoignent de problèmes structurels sur le plan du fonctionnement de notre marché du travail.

Énergie et inflation

Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer l’impact de l’augmentation des coûts salariaux due à l’indexation automatique et de la hausse des coûts énergétiques. Associés à un léger fléchissement de la croissance économique, ces éléments constituent un cocktail néfaste qui peut rapidement conduire à une spirale salaires-prix dangereuse. Les négociations salariales sectorielles en cours devraient garder cela à l’esprit si nous voulons éviter que le handicap des coûts salariaux vis-à-vis de nos principaux partenaires commerciaux n’atteigne à nouveau 15 % ou plus. Entre 2010 et 2016, ce désavantage concurrentiel a entraîné la perte de dizaines de milliers d’emplois. Il faut donc à tout prix éviter que ce scénario se répète.

Ne pas avancer, c’est reculer

Après la lutte contre le coronavirus, menée de main de maître par le gouvernement et les autorités régionales, le moment est venu d’affranchir notre pays et d’initier des changements structurels. Pour préserver notre prospérité, nous devons vraiment réussir à faire travailler 8 Belges sur 10 âgés de 20 à 65 ans. On ne peut pas se permettre d’échouer. Des progrès devront donc aussi être réalisés dans les mois à venir au niveau des partenaires sociaux et de la conférence interministérielle entre les différents ministres de l’Emploi. Il n’y a pas de temps à perdre. Ne pas avancer, c’est reculer.

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